Célébration Journée Africaine pour une Dentisterie Sans Mercure”

Dakar, 10 octobre 2021

La journée africaine pour une dentisterie sans mercure, est célébrée chaque 13 octobre de l’année par des organisations de la Société Civile (OSC), y compris Pesticide Action Network (PAN) Africa basée à Dakar (Sénégal).


En 2014, des OSC africaines ont signé la «Déclaration d’Abuja» appelant l’Afrique d’être le premier continent à mettre fin à l’utilisation du mercure dans la dentisterie, En 2015, plus de 40 OSC, ont élaboré un Plan à Abidjan pour mettre en œuvre la Déclaration d’Abuja. Le «Plan d’Abidjan», a présenté les objectifs et les stratégies clés pour parvenir à une élimination effective et progressive de l’amalgame dentaire sur le continent. C’est ainsi que les OSC africaines ont pris l’engagement de commémorer le 13 Octobre de chaque année, la journée de l’élimination progressive de l’amalgame dentaire dans la dentisterie. Cette année marque la 8eme édition de cette journée.


L’amalgame dentaire, qui contient jusqu’à 50 pour cent de mercure, demeure l’un des matériaux de restauration le plus largement utilisé dans le monde entier, bien que les scientifiques ont exprimé des inquiétudes quant à ses possibles effets néfastes sur la santé, en particulier chez les jeunes patients.

En effet, le mercure est un neurotoxique qui peut endommager le cerveau en développement des enfants et leur système nerveux avant même qu’ils ne soient nés. C’est fort de ce danger que les Organisations de la Société Civile ont choisi ce jour, pour lancer un appel aux gouvernements à imposer une interdiction totale de l’amalgame dentaire dans les dents de lait, chez les femmes enceintes et les mères allaitantes.

Selon l’Association Non au Mercure Dentaire, l’amalgame crée des vapeurs dont une partie est absorbée par les poumons. Le mercure passe dans le sang, traverse la barrière hémato-encéphalique et s’accumule dans le cerveau. Il traverse également le placenta. Les ions mercuriques qui s’échappent de l’amalgame s’accumulent dans plusieurs organes, notamment les reins. 

Certaines études ont depuis longtemps pointé du doigt un lien entre amalgame dentaire au mercure et certaines maladies comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson ou encore la maladie d’Alzheimer. Une fraction du mercure inhalé sous forme de vapeurs est absorbée par les poumons et retenue dans l’organisme. Le mercure s’accumule dans tous les organes et les tissus de l’organisme; on le retrouve surtout dans les reins et, en quantités moindres, dans le cerveau, les poumons, le foie, le tractus gastro-intestinal et les glandes exocrines. Le mercure élémentaire qui se trouve dans le sang peut traverser le placenta et la barrière hémato-encéphalique.

Mme Ndeye Maimouna DIENE, coordonnatrice régionale de PAN Africa, a rappelé que la Convention de Minamata sur le Mercure, a été nouvellement adoptée par plus de 140 gouvernements à Kumamoto au Japon. Le Sénégal a signé la Convention le 11 octobre 2013 et l’a ratifié le 03 mars 2016. Par ailleurs, la Convention appelle également à un abandon progressif de l’amalgame dentaire (Annexe A, Partie II) grâce à un renforcement de la prévention, de la recherche sur de nouveaux matériaux dentaires et de bonnes pratiques de gestion.

Certes la pandémie COVID 19 a ralenti les progrès en 2020 et 2021. Cependant, plusieurs pays sont sur le point d’annoncer des décisions majeures allant dans le sens d’interdiction des amalgames dentaires chez les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes et les femmes allaitantes. Des pays comme le Congo, le Cameroune, la Guinée Conakry, la Tunisie sont en bonne voie en termes de règlementation.


“Nous demandons au gouvernement du Sénégal de prendre des dispositifs juridiques et règlementaires pour une interdiction des amalgames dentaires chez les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes et les femmes allaitantes. Nous pouvons y arriver avec une volonté politique et un engagement des professionnels de la sante” a déclaré Mme. M. Diène, Coordonnatrice régionale de PAN Africa.


Aujourd’hui, l’utilisation de matériaux alternatifs tels que les résines composites, les ciments à base de verre ionomère (une combinaison de silicate et de polyacrylate), les céramiques et les alliages d’or est en hausse, soit en raison de leurs propriétés esthétiques, soit en réaction aux inquiétudes pour la santé relatives à l’utilisation des amalgames dentaires. En effet, dans certains pays africains comme la Tunisie, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie, le Cameroun, 30% des dentistes utilisent les alternatives sans mercure.

PAN Africa lance un appel aux OSC des pays africains à travailler ensemble pour une interdiction de l’utilisation des amalgames dentaires chez les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les jeunes enfants.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Mme Wane N. Maimouna DIENE

Coordonnatrice régionale

Pesticide Action Network (PAN) Africa

Mail : maimounadiene@pan-afrique.org

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